C’était comme une évidence : donner à notre grand terrain synthétique, anciennement terrain Blaise Matuidi, le nom d’un grand serviteur du CO Vincennes.
Djamel Lakel – c’est de lui qu’il s’agit – est le symbole des valeurs défendues par le CO Vincennes. Après avoir été joueur dès l’âge de 5 ans, il était devenu dirigeant, accompagnant d’abord plusieurs équipes, puis avait trouvé au club-house le lieu idéal pour que s’expriment sa convivialité, sa bienveillance, sa passion de l’échange avec les autres. Il avait renouvelé sa licence sans interruption pendant 60 ans avant d’être emporté brutalement il y a près d’un an.
En lui témoignant ainsi sa reconnaissance, le CO Vincennes entend mettre aussi à l’honneur tous les bénévoles, comme lui, sans qui le club ne pourrait tout simplement pas exister.
C’est avec Rira, une des sœurs de Djamel, et Charlotte Libert, maire de Vincennes, que la pancarte « Terrain Djamel » a été dévoilée, marquant ainsi son inauguration officielle. Le président Frédéric Chevit, au cours de cette cérémonie émouvante, en présence de quelques uns des plus jeunes licenciés du club, a notamment lu un témoignage de son prédécesseur, Georges Vanderchmitt. Vous pourrez en entendre un extrait dans la vidéo ci-dessous et en lire l’intégralité derrière celle-ci. Elle en vaut la peine, faites-nous confiance.
Djamel n’est plus là, mais son prénom sera cité des dizaines de fois, chaque semaine, pendant de nombreuses années. « On joue sur le Djamel ? » « Si tu me cherches, je suis sur le Djamel » « Pouvez-vous m’indiquer le Djamel ? », etc. Djamel, Djamel, Djamel… Cela n’effacera pas notre chagrin, mais ça l’atténuera un peu.
HOMMAGE A DJAMEL
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Djamel est le parfait exemple de ce que le football apporte à l’homme et de ce que l’homme apporte au football.
Il avait la passion du foot en lui ; il suffisait de passer quelques minutes en sa compagnie pour voir un match en tribune ou devant un écran pour s‘en rendre compte. Mais il avait aussi, et c’est plus rare et encore plus appréciable, le sens du club.
Il avait pour le COV un attachement bien au-dessus de la normale ; le COV était sa seconde famille. Il y avait exercé toutes les activités, joueur, supporter, arbitre, entraîneur, dirigeant, gérant des Deux Ballons. Il promenait sa silhouette débonnaire et toujours souriante aux quatre coins du stade, constamment disponible, toujours prêt à répondre présent, à aider, à rendre service ; à l’image de ces dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui font vivre les clubs au quotidien, qui leur donnent humblement de leur temps et de leur vie et qui y trouvent en retour la chaleur de l’amitié, la force du groupe, le partage d’une passion ; autant de remèdes utiles pour lutter contre la fragilité humaine..
Djamel avait trouvé sa place dans le club, il vivait par le COV et pour le COV et il s’y sentait bien.
C’est pour cette raison que nous lui avions proposé d’entrer au Comité Directeur. Il avait commencé par refuser, estimant qu’il n’était pas à la hauteur et ne serait pas à sa place, préférant l’ombre à la lumière. Je lui avais expliqué à quel point il pouvait jouer un rôle utile, en assurant un lien entre les différentes communautés qui forment le club. Par sa présence constante et son engagement, toujours au courant des petites histoires du club, il savait pointer les dysfonctionnements, faire passer les messages, suggérer des solutions, éviter des conflits. En un mot, il avait une qualité qui est précieuse, il savait prendre le pouls du club et s’identifier à lui.
Et ce rôle, il le jouait parfaitement, tout au long de l’année, poussant parfois le coup de gueule nécessaire, notamment auprès des jeunes de l’Ecole de Foot. Mais personne n’était dupe : Djamel était foncièrement gentil, prêt à accepter les plaisanteries et jamais le dernier pour y répondre, créant une bonne humeur apaisante. Pour beaucoup, il était comme une mascotte familière et chaleureuse.
On ne pouvait imaginer Djamel sans le COV, mais on ne peut imaginer non plus le COV sans Djamel. Les deux sont indissociables. Et c’est tout le sens de l’évènement de ce jour : ce club était sa vie, ce club doit continuer à l’accompagner au-delà.
Rassure-toi, Djamel, tu ne quittes pas le COV, tu restes avec nous.
Georges VANDERCHMITT


